Prix du kWh d’électricité : comment se construit le tarif
Le prix affiché pour un kilowattheure ne rémunère pas seulement l’électricité consommée. Il comprend aussi l’accès au réseau et des prélèvements, tandis que l’abonnement ajoute une part fixe à la facture. Voici comment lire ces composantes et comparer les tarifs avec les bons repères.

L’essentiel en bref
- Le prix du kWh regroupe la fourniture, l’acheminement et plusieurs taxes, dont l’accise et la TVA.
- L’abonnement est une dépense fixe : il augmente le coût moyen par kWh lorsque la consommation est faible.
- Au tarif réglementé, le kWh Base 6 kVA coûte 0,2001 € TTC depuis le 1er août 2026.
- Pour comparer deux offres, additionnez le coût annuel de l’abonnement et celui des kWh selon votre consommation.
- Les prix et les taxes évoluent : vérifiez toujours la date d’application et les conditions de votre contrat.
Le prix du kWh d’électricité se compose de trois briques : la fourniture de l’énergie, son acheminement par les réseaux et les taxes. Le montant facturé dépend aussi de votre abonnement, de votre option tarifaire et de votre consommation. Il n’existe donc pas un prix moyen qui décrive exactement la facture de tous les foyers.
Au 28 octobre 2026, le tarif réglementé de vente en option Base pour un compteur de 6 kVA est de 0,2001 € TTC par kWh, depuis le 1er août 2026. Ce repère est daté : les tarifs, les taxes et certains coûts de réseau sont révisés régulièrement.
Pour comprendre l’écart entre le prix affiché et le total payé, il faut distinguer le coût d’un kWh supplémentaire de la facture complète. L’abonnement et les prélèvements sur la part fixe modifient le coût moyen rapporté à votre consommation annuelle.
Les trois composantes du prix de l’électricité
La part de chaque composante dépend du contrat et du tarif considéré. Les factures n’affichent pas toujours ces éléments sous la même forme, mais les principes sont les mêmes pour les particuliers.
| Composante | Ce qu’elle finance | Comment elle apparaît |
|---|---|---|
| Fourniture | L’énergie achetée ou produite par le fournisseur, ainsi que les coûts liés à la capacité nécessaire pour répondre à la demande | Principalement dans le prix de chaque kWh, selon le contrat |
| Acheminement | Le transport et la distribution de l’électricité jusqu’au logement | Dans le prix du kWh et dans des composantes fixes liées au réseau |
| Taxes et contributions | Notamment l’accise, la TVA et la contribution tarifaire d’acheminement | Sur la consommation, l’abonnement ou les deux, selon la taxe |
La fourniture : énergie et capacité
Le fournisseur doit acheter ou produire l’électricité nécessaire à ses clients. Le coût de cette fourniture varie selon ses approvisionnements, les conditions de marché, le type de contrat et la période de consommation. Les prix de gros ne se répercutent pas tous de la même manière : tout dépend des modalités prévues dans l’offre.
Le coût de fourniture couvre aussi des éléments liés à la capacité, c’est-à-dire la disponibilité de moyens de production ou d’effacement lors des périodes où la demande est élevée. Ces coûts ne correspondent pas à une quantité d’électricité supplémentaire visible sur votre compteur. Ils entrent dans la construction du tarif proposé par le fournisseur.
L’acheminement : les réseaux
L’électricité doit être transportée sur les lignes à haute et très haute tension, puis distribuée jusqu’au logement. Le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, ou TURPE, finance notamment ces infrastructures, leur entretien et leur adaptation. Il est fixé selon un cadre réglementé et évolue à des dates précises.
Le TURPE n’est pas une marge propre au fournisseur. Il est intégré à la facture, même si vous changez de fournisseur, car le réseau local reste le même. Pour distinguer ces éléments et les taxes qui s’y ajoutent, consultez le guide sur le TURPE, l’accise et la TVA sur la facture.
Les taxes et contributions
L’accise sur l’électricité est calculée en fonction de l’énergie consommée. Pour les ménages dont la puissance du compteur ne dépasse pas 36 kVA, elle est de 30,62 €/MWh depuis le 1er août 2026, soit 0,03062 € par kWh hors TVA. La TVA est de 20 % sur l’ensemble de la facture, abonnement compris, depuis le 1er août 2025.
La contribution tarifaire d’acheminement, ou CTA, s’applique à une part fixe liée à l’acheminement. Elle ne se calcule donc pas comme l’accise, qui suit le nombre de kWh consommés. Les différents postes de la facture sont expliqués dans le guide pour lire et comprendre une facture d’électricité.
Ce que paie réellement chaque kWh
Pour isoler le coût d’un kWh, regardez le prix unitaire de votre option tarifaire. Il inclut les éléments variables liés à l’énergie, au réseau et aux taxes, mais pas l’abonnement annuel. Ce prix ne permet pas, à lui seul, de savoir quelle part exacte revient au fournisseur et quelle part finance le réseau.
Au tarif réglementé de vente, option Base, pour 6 kVA, le prix est de 0,2001 €/kWh TTC depuis le 1er août 2026. En appliquant la TVA de 20 %, ce montant correspond à environ 0,16675 € hors TVA. Dans ce montant hors TVA, l’accise représente 0,03062 €. Le solde, soit environ 0,13613 €, regroupe la fourniture et la part variable de l’acheminement. La CTA sur la part fixe n’est pas incluse dans ce calcul.
L’accise et la TVA représentent ainsi environ 0,06397 € sur ce kWh, soit près de 32 % de son prix TTC, hors CTA. Ce calcul permet de repérer une partie des prélèvements, mais il ne sépare pas la fourniture du réseau. Pour cette distinction, il faut consulter la décomposition tarifaire correspondant à l’offre et à la période concernées, publiée dans les documents tarifaires.
| Repère au tarif réglementé, 6 kVA | Prix TTC au 1er août 2026 |
|---|---|
| Option Base | 0,2001 €/kWh |
| Heures Pleines | 0,2142 €/kWh |
| Heures Creuses | 0,1589 €/kWh |
| Abonnement annuel en Base | Environ 190 € |
Ces prix sont des tarifs réglementés, pas des valeurs universelles pour toutes les offres. Un contrat de marché peut prévoir un prix fixe, indexé ou variable, avec des modalités différentes. Les tarifs réglementés sont proposés par la CRE et fixés par les pouvoirs publics, en principe deux fois par an. La prochaine évolution est attendue le 1er février 2027.
Pourquoi le prix varie d’un contrat ou d’une période à l’autre
Le coût de la fourniture dépend des conditions auxquelles le fournisseur s’approvisionne, de son portefeuille de production et de la structure de son offre. Une évolution des prix de marché peut influencer certaines offres plus directement que d’autres. Elle n’entraîne pas automatiquement une modification immédiate du prix de chaque client.
La capacité, le transport et la distribution ont également un coût. Par exemple, le TURPE 7 est en vigueur depuis le 1er août 2025 et a connu une hausse au 1er août 2026, d’environ 3 % pour la distribution. Les taxes peuvent, elles aussi, évoluer selon les décisions applicables. Il faut donc comparer des tarifs ayant la même date de référence.
Le type de contrat détermine la façon dont une variation arrive jusqu’à vous. Une offre à prix fixe, une offre indexée et une offre à prix variable ne protègent pas de la même manière. Avant de signer, vérifiez la durée de validité du prix, les postes concernés et les conditions de révision dans ce guide sur le prix fixe, indexé ou variable.
Le cadre d’approvisionnement a aussi évolué avec la fin de l’ARENH au 31 décembre 2025. Depuis le 1er janvier 2026, le versement nucléaire universel redistribue des revenus sous certaines conditions, mais la CRE estime qu’aucune remise ne s’applique aux factures en 2026. Les mécanismes nationaux ne se traduisent donc pas nécessairement par une baisse visible sur votre prix unitaire. Le point sur la fin de l’ARENH et ses effets sur les prix détaille ce changement.
Prix HT et prix TTC : ne comparez pas des montants différents
Le prix hors taxes exclut les prélèvements fiscaux concernés. Le prix toutes taxes comprises inclut ces prélèvements, dont la TVA. Pour un ménage, le montant effectivement payé est le TTC, auquel s’ajoutent les postes fixes de la facture comme l’abonnement et la CTA, puis d’éventuels services ou régularisations prévus au contrat.
Une offre peut mettre en avant un prix HT, un prix TTC ou une réduction par rapport à un tarif de référence. Avant de comparer, vérifiez à quoi s’applique la remise : au prix du kWh, à l’abonnement, ou à un seul poste de fourniture. Une remise de 10 % sur une composante hors taxes ne signifie pas nécessairement 10 % de baisse sur le montant total TTC.
Faites aussi attention à l’unité et à la période. Un prix en €/MWh se convertit en €/kWh en le divisant par 1 000. Par exemple, 200 €/MWh correspondent à 0,20 €/kWh. Une estimation annuelle doit, elle, inclure tous les kWh prévus, le coût de l’abonnement et les éventuels changements de prix pendant la période.
Le prix moyen dépend aussi de l’abonnement
Le prix moyen réellement payé se calcule en divisant le coût annuel total par le nombre de kWh consommés. Il est généralement supérieur au prix unitaire affiché, car l’abonnement est une dépense fixe. Plus la consommation est faible, plus cette part fixe pèse dans le coût moyen.
Prenons le tarif réglementé Base 6 kVA en vigueur depuis le 1er août 2026, avec un abonnement annuel d’environ 190 € et un prix de 0,2001 €/kWh TTC. Le calcul ci-dessous ne comprend pas d’autres frais ou ajustements.
- Pour 5 000 kWh consommés, le coût variable est de 5 000 × 0,2001 €, soit 1 000,50 €.
- Ajoutez environ 190 € d’abonnement : la dépense estimée atteint 1 190,50 € sur un an.
- Divisez cette somme par 5 000 kWh : le coût moyen est d’environ 0,2381 €/kWh.
- Avec 2 000 kWh, le coût variable est de 400,20 €. En ajoutant le même abonnement, le total est de 590,20 €, soit environ 0,2951 €/kWh en moyenne.
Le prix du kWh n’a pas changé dans cet exemple. C’est la répartition d’un même abonnement sur un volume de consommation différent qui explique l’écart de coût moyen. Pour établir une estimation plus proche de votre situation, partez de vos relevés annuels ou utilisez le simulateur de consommation électrique.
Votre option tarifaire change le prix unitaire
En option Base, le prix du kWh est identique quelle que soit l’heure. En Heures Pleines et Heures Creuses, le prix varie selon des plages horaires définies pour le logement. Depuis le 1er août 2026, les prix réglementés de référence pour 6 kVA sont de 0,2142 €/kWh en heures pleines et de 0,1589 €/kWh en heures creuses, contre 0,2001 €/kWh en Base.
Ces chiffres ne suffisent pas à dire quelle option est la moins chère pour vous. Il faut connaître la part de votre consommation déplacée en heures creuses, le coût de l’abonnement associé et vos usages capables de fonctionner à ces horaires. Un chauffe-eau programmable ou une recharge de véhicule peuvent modifier le calcul, mais seulement si l’usage est effectivement déplacé.
Pour comparer les montants avec votre profil, vous pouvez utiliser le comparateur des options Base, Heures Creuses et Tempo. Les règles et horaires des options évoluent aussi. Si vous souhaitez comprendre leurs différences avant le calcul, consultez le guide sur le choix entre Base et Heures Creuses.
Comparer deux offres sur une année complète
Une comparaison utile repose sur votre consommation réelle, et non sur un foyer type. Relevez les kWh consommés sur douze mois et, si vous êtes en heures différenciées, la répartition entre les plages tarifaires. Ajoutez le montant annuel de l’abonnement, puis appliquez les prix TTC propres à chaque tranche.
Utilisez cette formule :
Coût annuel estimé = abonnement annuel + (kWh en Base × prix Base) + (kWh en heures pleines × prix heures pleines) + (kWh en heures creuses × prix heures creuses).
Pour les options avec plusieurs types de jours, comme Tempo, faites un calcul séparé pour chaque couleur et chaque plage horaire. Évitez de supposer que vous pourrez déplacer toute votre consommation : les usages de chauffage, de cuisson ou de départ au travail ne sont pas toujours flexibles. Le comparateur d’offres d’électricité peut aider à examiner plusieurs propositions, mais vérifiez les conditions du contrat et la date des prix avant de vous décider.
Si votre consommation varie beaucoup d’une année à l’autre, faites deux simulations : une avec votre consommation habituelle, une autre avec une période froide ou un usage supplémentaire, comme la recharge d’une voiture électrique. Une économie annoncée dans un seul scénario peut disparaître si vos habitudes changent ou si une offre variable évolue.
L’essentiel pour passer à l’action
- Relevez votre consommation annuelle et la répartition par plages horaires, si vous en avez.
- Notez le prix TTC du kWh, l’abonnement annuel et l’option tarifaire de votre contrat.
- Vérifiez la date d’application des prix et les modalités de révision prévues.
- Comparez le coût annuel complet, en incluant l’abonnement et toutes les plages tarifaires.
- Distinguez le prix unitaire affiché du coût moyen obtenu en divisant la facture annuelle par les kWh consommés.
- Recommencez le calcul lorsque les tarifs, les taxes ou vos usages changent.
Questions fréquentes
Pourquoi mon prix moyen par kWh est-il supérieur au tarif affiché ?
Le tarif affiché correspond généralement au prix variable appliqué à chaque kilowattheure. Votre prix moyen inclut aussi l’abonnement et les contributions fixes, puis se calcule en divisant la facture totale par votre consommation. Si vous consommez peu, l’abonnement est réparti sur moins de kWh et pèse davantage dans le résultat. Vérifiez que vous comparez des montants portant sur la même période et que vous avez bien inclus les taxes et les éventuels ajustements.
Le prix du kWh comprend-il l’abonnement ?
Non. Le prix du kWh correspond à la partie variable de la facture, tandis que l’abonnement est une somme fixe facturée selon la période prévue au contrat. La TVA s’applique toutefois à l’abonnement comme au reste de la facture. Pour estimer votre dépense, multipliez vos kWh par le prix applicable, puis ajoutez l’abonnement annuel et les autres postes fixes éventuels.
Le fournisseur peut-il modifier le prix de mon électricité ?
Cela dépend du type de contrat et de ses conditions. Un prix fixe peut protéger certaines composantes pendant une durée indiquée, sans nécessairement figer les taxes ou les coûts de réseau. Un prix indexé suit une référence définie, tandis qu’un prix variable peut évoluer selon les modalités prévues par l’offre. Vérifiez les clauses de révision et la manière dont le fournisseur doit vous informer avant toute modification.



