Réfrigérateur et congélateur : réduire leur consommation au quotidien
Un réfrigérateur et un congélateur fonctionnent toute l’année : un mauvais réglage, un joint abîmé ou une mauvaise ventilation peuvent donc peser sur leur consommation. Voici les vérifications à faire, puis la méthode pour estimer le gain possible avant de remplacer un appareil.

L’essentiel en bref
- Visez environ 4 °C dans le réfrigérateur et -18 °C dans le congélateur, en vérifiant la température avec un thermomètre.
- Respectez les consignes d’aération du fabricant et éloignez l’appareil des sources de chaleur.
- Dégivrez lorsque la couche de givre devient épaisse et vérifiez régulièrement l’état des joints.
- Mesurez les kWh de l’ancien appareil si possible : son âge ne suffit pas à connaître sa consommation réelle.
- Comparez les kWh par an et les volumes utiles avant d’acheter, puis calculez le gain avec votre prix du kWh.
Pour réduire la consommation d’un réfrigérateur ou d’un congélateur, commencez par régler correctement la température, assurer une bonne ventilation et limiter les entrées d’air chaud. Ces gestes ne nécessitent pas de remplacer l’appareil et permettent aussi de repérer un problème de joint, de givre ou de fonctionnement.
Pour connaître le gain annuel, ne vous fiez pas seulement à l’âge de l’appareil. Relevez sa consommation, ou mesurez-la si possible, puis comparez-la à celle d’un modèle de capacité équivalente. La différence en kilowattheures, multipliée par votre prix du kWh, donne une estimation de l’économie sur la partie consommation de la facture.
Régler les températures plutôt que le bouton au hasard
Visez environ 4 °C dans le compartiment principal du réfrigérateur et -18 °C dans le congélateur. L’ADEME recommande ces repères pour conserver les aliments sans refroidir davantage que nécessaire. Si votre appareil possède des zones de froid différentes, suivez aussi les indications de sa notice pour ranger les produits sensibles dans la zone adaptée.
Un cadran gradué de 1 à 5, ou de 1 à 7, n’indique pas forcément une température en degrés. Placez un thermomètre adapté dans le compartiment, à distance de la porte et des parois, puis laissez l’appareil se stabiliser avant de modifier le réglage. Dans un congélateur, mesurez également la température réelle, car le chiffre affiché par le thermostat peut ne pas correspondre exactement à celle des aliments.
| Appareil ou réglage | Repère pratique | Vérification utile |
|---|---|---|
| Réfrigérateur | Environ 4 °C dans le compartiment principal | Mesurer avec un thermomètre et suivre les consignes de rangement de la notice |
| Congélateur | -18 °C | Vérifier que la température reste stable, sans régler plus froid par habitude |
| Thermostat gradué | Pas de position universelle | Ajuster progressivement selon la mesure réelle |
| Appareil avec affichage numérique | Consigne réglée, pas toujours température mesurée | Contrôler avec un thermomètre si vous avez un doute |
Une température trop basse peut augmenter la durée de fonctionnement du compresseur et favoriser le gel de certains aliments dans le réfrigérateur. À l’inverse, une température trop élevée nuit à leur conservation. Si vous devez ajuster le réglage, procédez par petites étapes et vérifiez à nouveau après stabilisation.
Installer l’appareil pour qu’il évacue la chaleur
Un réfrigérateur évacue vers la pièce la chaleur qu’il retire de son intérieur. Si l’air circule mal autour de lui, il peut avoir davantage de difficulté à maintenir la température demandée. Respectez donc les espaces de ventilation précisés par le fabricant, notamment à l’arrière, sur les côtés ou au-dessus selon le modèle.
Évitez d’installer l’appareil juste à côté d’un four, d’un radiateur ou d’une baie ensoleillée si vous pouvez choisir un autre emplacement. La chaleur ambiante et les apports directs du soleil peuvent solliciter davantage le système de refroidissement. Pour un appareil encastré, ne masquez pas les grilles prévues pour l’entrée et la sortie d’air.
Un appareil mal nivelé peut aussi fermer moins facilement sa porte. Vérifiez qu’il est stable et que les portes ne s’ouvrent pas d’elles-mêmes, sans forcer sur les pieds ou déplacer un modèle encastré sans consulter sa notice. Dans un garage ou une pièce non chauffée, contrôlez la plage de température ambiante autorisée : le fonctionnement peut être perturbé si le local est trop froid ou trop chaud pour la classe climatique de l’appareil.
Dégivrer et dépoussiérer sans endommager l’appareil
Dans un congélateur, le givre réduit le volume disponible et peut gêner la fermeture des tiroirs ou de la porte. Dégivrez lorsque la couche devient épaisse, sans attendre qu’elle bloque les rangements. Les appareils à dégivrage automatique demandent moins d’intervention, mais ils ne dispensent pas de vérifier que les évacuations et les portes restent propres et fonctionnelles.
Pour un dégivrage manuel, sortez les aliments et conservez-les au froid pendant l’opération. Éteignez ou débranchez l’appareil selon les instructions du fabricant, protégez le sol avec des serviettes et laissez fondre la glace. N’utilisez pas de couteau, de tournevis ni d’objet pointu : vous pourriez perforer une paroi ou endommager un circuit frigorifique. N’employez pas non plus de source de chaleur agressive.
Si la grille arrière ou le condenseur est accessible, vérifiez si la poussière s’y accumule. Débranchez l’appareil avant toute intervention et suivez les consignes de nettoyage de la notice. Certains modèles n’ont pas de grille accessible à l’utilisateur : ne démontez pas de panneau pour atteindre des composants internes.
Profitez du nettoyage pour vérifier que l’évacuation des eaux de dégivrage n’est pas obstruée et que l’intérieur est sec avant de remettre l’appareil en service. Un entretien régulier aide à repérer un problème, mais ne permet pas de promettre un pourcentage d’économie valable pour tous les foyers.
Contrôler les joints et limiter les ouvertures
Inspectez le joint sur tout le tour de la porte. Des fissures, des déformations, des zones qui se décollent ou des salissures persistantes peuvent empêcher une fermeture étanche. Nettoyez-le avec de l’eau et un produit doux, puis séchez-le. Un joint propre et souple ferme généralement mieux qu’un joint couvert de résidus.
Un test simple consiste à coincer une feuille de papier entre la porte et la caisse, puis à tirer doucement. Si elle glisse sans résistance à un endroit, recommencez à plusieurs points : une différence nette peut révéler une faiblesse locale. Ce test ne remplace pas l’examen du joint et ne suffit pas à lui seul à diagnostiquer une panne. Si le défaut persiste, demandez conseil à un réparateur ou vérifiez si le joint peut être remplacé avec une pièce adaptée au modèle.
Au quotidien, refermez la porte sans attendre et évitez de la laisser ouverte pendant que vous cherchez un aliment. Rangez les produits de façon visible, sans obstruer les sorties d’air à l’intérieur. Les aliments encore chauds doivent refroidir de manière sûre avant d’être placés dans le réfrigérateur, mais ne les laissez pas traîner longtemps à température ambiante.
Il n’est pas utile de remplir artificiellement un appareil vide avec des bouteilles pour économiser de l’électricité. L’essentiel est de ne pas bloquer la circulation de l’air, de conserver les denrées correctement et d’éviter les ouvertures prolongées. Pour les autres postes de consommation du foyer, consultez aussi le tableau de consommation des appareils électriques.
Mesurer la consommation avant de décider
La consommation réelle varie selon le volume, la température de la pièce, les réglages, l’état des joints et la fréquence d’ouverture. Une moyenne trouvée pour un appareil du même âge ne prédit donc pas exactement celle du vôtre. Pour établir un diagnostic, commencez par relever l’étiquette signalétique et la consommation annuelle indiquée sur la documentation, si elle est disponible.
Vous pouvez aussi utiliser un compteur d’énergie enfichable compatible avec la puissance de l’appareil. Mesurez sur plusieurs semaines représentatives, puis annualisez avec la formule suivante : consommation mesurée en kWh, divisée par le nombre de jours de mesure, puis multipliée par 365. Il s’agit d’une estimation, car la température de la pièce et les habitudes changent avec les saisons. Une seconde mesure à une autre période améliore le diagnostic.
Le calculateur de consommation d’un appareil peut aider à convertir une puissance et une durée en kWh, mais une mesure d’énergie reste préférable pour un appareil qui alterne les cycles de fonctionnement. Le compteur Linky, lui, suit la consommation de l’ensemble du logement et n’isole pas celle du réfrigérateur. Vous pouvez néanmoins consulter son historique pour observer l’évolution globale après une réparation ou un changement de réglage, grâce au guide pour suivre sa consommation électrique avec Linky.
Ne confondez pas puissance instantanée et énergie consommée. Un appareil peut appeler une puissance élevée pendant une courte période au démarrage du compresseur, puis fonctionner par cycles. Pour comparer deux appareils, la quantité de référence est le kWh consommé sur une année, pas seulement la puissance inscrite en watts.
Calculer le gain possible avant un remplacement
La formule de base est :
Économie annuelle estimée = différence de consommation annuelle en kWh × prix du kWh.
Pour connaître la différence, soustrayez la consommation annuelle du nouvel appareil de celle de l’ancien. Si l’ancien modèle est très énergivore ou en mauvais état, son remplacement peut réduire la consommation. Mais il n’existe pas de gain annuel universel : deux réfrigérateurs du même âge peuvent consommer différemment, et une fuite d’air ou un emplacement chaud peut fausser la comparaison.
Exemple détaillé : supposons que la mesure de l’ancien appareil, extrapolée sur l’année, donne 420 kWh. Le modèle envisagé affiche 180 kWh par an sur son étiquette, pour un volume comparable. La différence estimée est de 420 moins 180, soit 240 kWh par an.
Au tarif réglementé de vente en option Base, pour une puissance de 6 kVA, le prix du kWh TTC est de 0,2001 € depuis le 1er août 2026. Dans cet exemple, 240 × 0,2001 € = 48,024 €, soit environ 48 € d’économie annuelle sur la consommation. Ce calcul est un ordre de grandeur : l’usage réel du nouvel appareil peut différer de la valeur mesurée en laboratoire.
Si vous êtes en heures pleines et heures creuses, votre appareil tourne à toute heure. Utilisez un prix moyen adapté à votre consommation plutôt que de multiplier tous ses kWh par le seul tarif des heures creuses. Les tarifs évoluent régulièrement : la référence donnée ici correspond au tarif en vigueur depuis le 1er août 2026. L’abonnement ne baisse pas du seul fait que le réfrigérateur consomme moins.
Pour juger si le remplacement est intéressant, comparez aussi son coût total avec l’économie annuelle estimée, sans oublier la livraison, l’installation et la reprise de l’ancien appareil. Un appareil récent qui fonctionne bien n’a pas nécessairement intérêt à être remplacé immédiatement. Si une réparation est possible, demandez un diagnostic avant de trancher. Vous pouvez situer cette action par rapport aux autres leviers dans le guide pour réduire sa facture d’électricité selon le gain attendu.
Lire l’étiquette énergie au-delà de la lettre
Depuis la révision européenne de 2021, l’étiquette des réfrigérateurs et congélateurs utilise une échelle de A à G, sans classes A+, A++ ou A+++. La Commission européenne indique notamment la consommation annuelle en kWh, le volume des compartiments et le niveau sonore. La classe est un repère utile, mais elle ne remplace pas la comparaison des kWh et des dimensions utiles.
Comparez des appareils de même type et de volume proche. Un grand réfrigérateur classé dans une catégorie moins favorable peut afficher une consommation annuelle similaire ou différente d’un petit modèle d’une meilleure classe. Regardez aussi la séparation entre compartiment réfrigérateur et congélateur : une comparaison entre un réfrigérateur simple et un combiné n’est pas équivalente.
Ne transposez pas directement la lettre d’une ancienne étiquette à la nouvelle échelle. Les classes ont été recalibrées, et les appareils commercialisés à des périodes différentes ne se comparent pas à partir de la seule lettre. Relevez plutôt les kWh par an, tout en gardant à l’esprit que la valeur affichée résulte d’un protocole standardisé et que votre usage peut s’en écarter.
La méthode de lecture détaillée se trouve dans le guide pour comprendre l’étiquette énergie avant un achat. Avant de choisir, vérifiez enfin que le modèle entre dans l’emplacement prévu, que les portes s’ouvrent correctement et que les consignes de ventilation pourront être respectées.
Adapter les gestes aux usages et aux absences
En période chaude, la pièce peut atteindre une température supérieure à celle du reste de l’année. Évitez d’abaisser le thermostat sans mesurer la température intérieure de l’appareil : commencez plutôt par contrôler la ventilation, le joint et les ouvertures de porte. Les conseils saisonniers pour adapter les écogestes en hiver et en été complètent ces vérifications.
Ne programmez pas un arrêt quotidien du réfrigérateur ou du congélateur pour économiser. Les aliments doivent rester à une température adaptée et l’appareil doit rétablir sa température après chaque remise en marche. Une prise connectée ou un programmateur ne remplace pas un thermostat et peut interrompre le froid au mauvais moment.
Lors d’une absence, laissez fonctionner l’appareil si des aliments y sont stockés. Si le réfrigérateur est entièrement vide pour une longue période, vous pouvez envisager de l’éteindre en respectant la notice, après l’avoir nettoyé et séché. Un congélateur plein de denrées ne doit pas être coupé pour la durée des vacances.
L’essentiel pour passer à l’action
- Mesurez la température réelle du réfrigérateur et du congélateur, puis ajustez les thermostats vers 4 °C et -18 °C.
- Vérifiez l’aération, l’éloignement des sources de chaleur et la fermeture des portes.
- Nettoyez les joints, repérez les défauts et dégivrez le congélateur lorsque la couche de givre devient épaisse.
- Mesurez la consommation de l’ancien appareil si vous envisagez de le remplacer.
- Comparez les kWh annuels et les volumes utiles, puis calculez l’économie avec le prix du kWh de votre contrat.
- Consultez le bilan électrique du logement pour vérifier si d’autres usages offrent un gain plus important.
Questions fréquentes
Quelle température régler si le thermostat du réfrigérateur n’affiche pas les degrés ?
Les chiffres d’un thermostat gradué ne correspondent pas à une température universelle. Placez un thermomètre dans le compartiment principal, laissez l’appareil se stabiliser, puis augmentez ou baissez progressivement le réglage jusqu’à viser environ 4 °C. Vérifiez ensuite que la température reste adaptée aux aliments et tenez compte des consignes propres à votre modèle.
Faut-il éteindre le réfrigérateur pendant les vacances ?
Non, pas si des aliments sont encore à l’intérieur : ils doivent rester à une température adaptée. Laissez aussi le congélateur en fonctionnement s’il contient des denrées. Si le réfrigérateur est entièrement vide pour une absence prolongée, vous pouvez envisager de l’arrêter en suivant la notice, après l’avoir vidé, nettoyé et séché.
Est-ce que remplacer un réfrigérateur de plus de dix ans est toujours rentable ?
Pas nécessairement. L’âge ne permet pas de connaître la consommation réelle, et le coût du remplacement peut dépasser l’économie obtenue si l’appareil fonctionne correctement. Mesurez si possible les kWh de l’ancien modèle, comparez-les à ceux d’un appareil de capacité comparable et calculez le gain avec votre tarif. Pensez aussi à demander un diagnostic si une réparation est envisageable.
Un réfrigérateur consomme-t-il davantage en été ?
Une pièce plus chaude peut solliciter davantage le système de refroidissement, mais l’effet dépend de l’appareil, de son emplacement et de son état. En été, contrôlez surtout la ventilation, l’exposition au soleil, le joint et la température réelle à l’intérieur. Ne réglez pas le thermostat plus froid sans vérifier d’abord ces points.



