DPE et logement chauffé à l’électricité : ce qui change en 2026
Depuis le 1er janvier 2026, l’électricité est convertie en énergie primaire avec un coefficient de 1,9, au lieu de 2,3. Le calcul peut améliorer l’étiquette de certains logements chauffés à l’électricité, sans réduire leur consommation ni leur facture. Voici comment vérifier votre DPE et comprendre les échéances de location.

L’essentiel en bref
- Le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026.
- La nouvelle méthode peut faire gagner une classe à plusieurs centaines de milliers de logements chauffés à l’électricité, sans travaux.
- Un DPE réalisé depuis juillet 2021 peut bénéficier d’une attestation actualisée gratuite, sans nouvelle visite.
- Le changement de coefficient ne modifie ni les kWh consommés au compteur, ni la facture d’électricité.
- En France métropolitaine, la location des logements classés G est interdite depuis 2025, celle des F le sera à partir de 2028, puis celle des E à partir de 2034.
Depuis le 1er janvier 2026, un logement chauffé à l’électricité peut obtenir une meilleure étiquette DPE sans que ses équipements ou son isolation aient changé. La raison est une modification du coefficient qui convertit l’électricité consommée en énergie primaire : il est passé de 2,3 à 1,9, conformément à l’arrêté du 13 août 2025.
Cette évolution concerne le calcul réglementaire, pas le compteur ni la facture. Elle peut toutefois compter pour une vente ou une location, notamment si le logement se trouvait près d’un seuil de classe. Pour savoir ce qui change dans votre cas, il faut distinguer l’étiquette énergétique, l’étiquette climat, la méthode de mise à jour et les règles applicables aux passoires thermiques.
Comment le DPE évalue un logement
Le diagnostic de performance énergétique, ou DPE, estime la consommation d’énergie d’un logement et ses émissions de gaz à effet de serre. Pour le calcul, le diagnostiqueur s’appuie sur les caractéristiques du bâtiment, comme l’isolation, les fenêtres, la ventilation et les systèmes de chauffage et d’eau chaude. Il applique une méthode conventionnelle qui permet de comparer les logements dans des conditions standardisées.
Le DPE examine plusieurs usages, principalement le chauffage, l’eau chaude sanitaire, le refroidissement, l’éclairage et les auxiliaires. Le résultat énergétique s’exprime en kilowattheures d’énergie primaire par mètre carré et par an, notés kWhEP/m²/an. Le diagnostic indique aussi les émissions de gaz à effet de serre en kilogrammes équivalent CO₂ par mètre carré et par an.
La classe finale va de A à G. Elle correspond à la moins bonne des deux classes obtenues pour l’énergie et pour les émissions. Ainsi, une faible consommation d’énergie primaire ne garantit pas, à elle seule, une bonne classe si l’indicateur climat est moins favorable. C’est pourquoi le changement de coefficient peut améliorer le volet énergie sans modifier le résultat final de certains logements.
Pourquoi le coefficient de l’électricité a changé
L’énergie primaire désigne l’énergie mobilisée en amont pour fournir l’énergie utilisée dans le logement. Pour l’électricité, le DPE multiplie les kilowattheures consommés par un coefficient de conversion. Jusqu’au 31 décembre 2025, ce coefficient était de 2,3. Depuis le 1er janvier 2026, il est de 1,9.
La nouvelle valeur réduit la quantité d’énergie primaire calculée pour chaque kilowattheure électrique consommé. La diminution est d’environ 17,4 % pour la part électrique concernée, car le calcul passe de 2,3 à 1,9. Elle s’applique aux usages électriques pris en compte dans le DPE, et non uniquement au chauffage. Pour un logement qui utilise plusieurs énergies, la baisse de l’indicateur total dépend donc de la part de ses usages alimentée à l’électricité.
| Période de calcul | Coefficient de conversion de l’électricité | Effet sur le calcul DPE |
|---|---|---|
| Jusqu’au 31 décembre 2025 | 2,3 | 230 kWhEP calculés pour 100 kWh d’électricité finale |
| Depuis le 1er janvier 2026 | 1,9 | 190 kWhEP calculés pour 100 kWh d’électricité finale |
Le changement ne signifie pas que les radiateurs consomment moins, ni que l’électricité nécessite soudainement moins d’énergie au compteur. Il modifie la convention utilisée pour établir le résultat réglementaire. Il ne change pas non plus directement l’indicateur d’émissions de gaz à effet de serre, qui est calculé séparément.
Quels logements peuvent gagner une classe
Les logements concernés en premier lieu sont ceux dont le chauffage ou les autres usages du DPE fonctionnent à l’électricité. La nouvelle méthode peut faire passer le résultat énergétique sous un seuil de classe, en particulier lorsque l’ancien calcul situait le logement près d’une limite. Selon la fiche de référence du 28 octobre 2026, plusieurs centaines de milliers de logements chauffés à l’électricité gagnent une classe sans travaux.
Pour le seul volet énergie, les seuils résidentiels usuels se lisent ainsi. Le résultat final peut toutefois être moins favorable si la classe liée aux émissions de gaz à effet de serre est plus basse.
| Classe énergétique | Repère du volet énergie, en kWhEP/m²/an |
|---|---|
| A | Jusqu’à 70 |
| B | Plus de 70 à 110 |
| C | Plus de 110 à 180 |
| D | Plus de 180 à 250 |
| E | Plus de 250 à 330 |
| F | Plus de 330 à 420 |
| G | Plus de 420 |
Prenons un exemple simplifié. Un logement de 70 m² présente 12 000 kWh d’électricité finale par an pour les usages retenus dans le DPE, et l’on suppose que les émissions ne dégradent pas sa classe. L’indicateur ramené au mètre carré est de 12 000 ÷ 70, soit environ 171,4 kWh d’électricité finale par mètre carré.
Avec l’ancien coefficient, le calcul donne 171,4 × 2,3, soit environ 394 kWhEP/m²/an. Le volet énergie se situe alors en classe F. Avec le coefficient actuel, le calcul donne 171,4 × 1,9, soit environ 326 kWhEP/m²/an, ce qui correspond à la classe E pour ce volet. Le logement peut donc gagner une classe sans travaux, sous réserve que l’indicateur climat ne le maintienne pas dans une classe moins favorable.
Ce calcul sert à comprendre le mécanisme, pas à refaire soi-même un diagnostic. Le DPE tient compte de plusieurs paramètres et de règles de calcul détaillées. Pour évaluer les consommations de votre foyer indépendamment de l’étiquette, vous pouvez aussi établir un bilan électrique de votre logement.
Comment obtenir une étiquette actualisée
Si votre DPE a été réalisé depuis juillet 2021 et qu’il utilise encore l’ancien coefficient, vous pouvez obtenir une attestation actualisée gratuite. La demande s’effectue à partir du numéro du DPE, notamment accessible sur le document, auprès de l’Observatoire DPE de l’ADEME. Il n’est pas nécessaire de faire revenir un diagnostiqueur pour recalculer le classement lié au nouveau coefficient.
L’attestation met à jour l’étiquette selon la méthode en vigueur. Elle ne correspond pas à une nouvelle visite du logement et ne modifie pas les équipements décrits dans le diagnostic initial. Pour un DPE réalisé à partir du 1er janvier 2026, le coefficient de 1,9 doit déjà être pris en compte : aucune actualisation liée à ce changement n’est nécessaire.
Avant de transmettre une étiquette à un acheteur, un locataire ou un professionnel, vérifiez les points suivants :
- La date du diagnostic et sa période de validité.
- Le numéro du DPE et la présence éventuelle d’une attestation actualisée.
- La classe figurant sur le document le plus récent, et pas seulement sur une annonce ancienne.
- La classe énergie et la classe climat, car la moins favorable détermine l’étiquette globale.
Une amélioration de classe ne signifie pas qu’il faut ignorer les recommandations de travaux. Si le logement reste classé E, F ou G, l’isolation, le renouvellement de l’air et la régulation du chauffage peuvent toujours réduire les besoins et améliorer le confort. Le guide sur l’isolation comme levier d’économies d’électricité détaille les priorités à examiner avant de remplacer un équipement.
Ce que le nouveau DPE change, et ce qu’il ne change pas
Une classe améliorée peut avoir des conséquences pratiques pour une annonce, une négociation ou l’application des règles de location. Elle ne prouve cependant pas que le logement est mieux isolé ou plus confortable. Si un logement passe de F à E uniquement grâce au calcul, ses murs, ses fenêtres et son système de chauffage n’ont pas été rénovés.
Le changement ne modifie pas vos relevés de compteur, votre contrat ni le prix du kilowattheure. Pour connaître le montant réellement facturé, consultez vos consommations et les postes détaillés de votre facture d’électricité. Une étiquette peut progresser alors que la dépense annuelle du foyer reste identique, ou même varie en fonction de la météo et des usages.
Pour réduire les consommations, les leviers dépendent du bâtiment et des équipements. Une programmation adaptée peut éviter de chauffer inutilement les pièces inoccupées, tandis que l’isolation réduit les pertes de chaleur. Les réglages et les habitudes sont présentés dans le guide sur le thermostat et la programmation du chauffage. Le choix d’un nouveau système, comme des radiateurs ou une pompe à chaleur, doit être étudié selon le logement et ne se déduit pas de la seule classe DPE.
Enfin, l’amélioration administrative de l’étiquette n’équivaut pas à une aide financière ni à une rénovation. Si vous prévoyez des travaux, vérifiez les dispositifs disponibles au moment du dépôt du dossier, car les critères et les barèmes peuvent évoluer. Le panorama des aides à la rénovation énergétique rappelle les démarches à vérifier avant de signer un devis.
Location des passoires énergétiques : les échéances
En France métropolitaine, la loi fixe un calendrier d’interdiction de location selon la classe énergétique. Le changement de coefficient peut modifier la classe officielle de certains logements électriques, mais il ne repousse pas les échéances prévues pour les logements qui restent concernés.
| Classe du logement | Échéance en France métropolitaine | Conséquence générale |
|---|---|---|
| G | Depuis le 1er janvier 2025 | Le logement ne répond plus au critère de décence énergétique pour la location concernée par l’échéance |
| F | À partir du 1er janvier 2028 | L’interdiction s’appliquera aux logements classés F à cette date |
| E | À partir du 1er janvier 2034 | L’interdiction s’appliquera aux logements classés E à cette date |
Ces règles concernent les nouveaux contrats et les moments où le logement est remis en location, ou lorsque le bail arrive à renouvellement ou reconduction dans les conditions prévues par la réglementation. Elles ne signifient pas que le locataire en place doit quitter immédiatement le logement à la date d’entrée en vigueur. En cas de litige ou de situation particulière, faites vérifier les règles applicables à votre bail auprès d’un interlocuteur compétent, par exemple l’ADIL ou Service-Public.
Si votre DPE initial classait le logement G et qu’une attestation actualisée le classe F, cette nouvelle classe peut être déterminante pour examiner les obligations applicables. Ne vous fondez pas sur une estimation personnelle : obtenez l’attestation officielle et vérifiez sa date. Un logement qui reste G ne devient pas conforme à la location parce que le coefficient a changé pour d’autres biens.
Les logements classés F ou G sont également concernés par des restrictions d’évolution du loyer en France métropolitaine. La classe à jour et la situation du bail doivent être vérifiées avant toute révision, relocation ou hausse. Les règles peuvent dépendre de la date et du type de contrat, et le nouveau coefficient ne constitue pas en lui-même une autorisation automatique d’augmenter un loyer.
Préparer la suite si le logement reste mal classé
Si le logement demeure E, F ou G, commencez par identifier les causes de sa consommation plutôt que de remplacer immédiatement le chauffage. Le DPE fournit des recommandations, mais un examen des combles, des murs, des fenêtres, de la ventilation et des réglages permet de hiérarchiser les actions. Des travaux mal coordonnés peuvent coûter cher sans résoudre les pertes principales.
Pour un logement tout électrique, vérifiez d’abord le fonctionnement des radiateurs et la régulation. Un appareil récent ne compense pas nécessairement une enveloppe très déperditive, et une mauvaise programmation peut maintenir une température inutilement élevée. Le guide pour bien choisir des radiateurs électriques peut aider à comparer les critères, sans remplacer l’étude du logement.
Lorsque des travaux plus importants sont envisagés, demandez un diagnostic adapté et comparez plusieurs scénarios. Le remplacement d’un chauffage, l’amélioration de l’isolation et le traitement de la ventilation doivent être cohérents entre eux. Les aides et leurs conditions étant régulièrement révisées, consultez France Rénov’ avant de vous engager, particulièrement si vous envisagez une rénovation d’ampleur.
L’essentiel pour passer à l’action
- Repérez la date de votre DPE et sa classe énergie comme sa classe climat.
- Si le diagnostic date d’avant 2026 et a été réalisé depuis juillet 2021, vérifiez l’attestation gratuite fondée sur le coefficient de 1,9.
- Ne confondez pas une meilleure étiquette avec une baisse de consommation ou de facture.
- Si vous êtes bailleur, vérifiez la classe actualisée, l’échéance de location et les règles d’évolution du loyer applicables à votre bail.
- Si le logement reste mal classé, hiérarchisez les travaux selon les pertes réelles et vérifiez les aides en vigueur avant de signer.
Questions fréquentes
Le nouveau coefficient du DPE s’applique-t-il aussi à l’eau chaude électrique ?
Oui. Le coefficient de 1,9 concerne l’électricité utilisée dans les usages pris en compte par le DPE, pas uniquement le chauffage. Il peut donc affecter le calcul de l’eau chaude sanitaire électrique et d’autres usages conventionnels du diagnostic. L’effet sur l’étiquette dépend toutefois de la part de ces usages dans le résultat et de la classe obtenue pour les émissions de gaz à effet de serre.
Mon DPE classé G devient-il automatiquement F en 2026 ?
Non. Le changement de coefficient peut améliorer le classement de certains logements électriques, mais il ne fait pas gagner une classe à tous les logements. Le résultat dépend notamment de la consommation calculée, des autres énergies présentes et de l’indicateur climat. Pour un DPE réalisé depuis juillet 2021, demandez l’attestation actualisée gratuite à partir du numéro du diagnostic, puis utilisez la classe officielle qui y figure.
Le coefficient de 1,9 réduit-il la consommation sur ma facture ?
Non. Il modifie la conversion utilisée pour exprimer l’énergie primaire dans le DPE, pas l’électricité enregistrée par le compteur. Votre facture dépend des kilowattheures réellement consommés, du prix prévu par votre contrat, de l’abonnement et des taxes applicables. Une meilleure étiquette obtenue par recalcul ne constitue donc pas une économie d’énergie à elle seule.
Faut-il refaire un DPE pour vendre ou louer après le changement ?
Pas forcément. Si votre diagnostic a été réalisé depuis juillet 2021, une attestation actualisée gratuite peut suffire pour intégrer le nouveau coefficient, sans nouvelle visite. Un DPE réalisé à partir du 1er janvier 2026 applique déjà la méthode en vigueur. Vérifiez toutefois que votre document est valide et que les informations sont à jour avant de l’utiliser pour une vente ou une location.



